Un coup de gueule déplacé

article guilers magDifficile de ne pas réagir à la lecture de l’édito du dernier Guilers Mag.

«  Le non courage de nos dirigeants (toutes tendances confondues) à prendre des décisions claires et nettes sur l’évolution de notre société, sur ses valeurs…..nous mène droit dans le mur ! »

Pour étayer son propos, notre maire prend l’exemple du dossier des migrants.

Nos gouvernants nationaux, bien souvent incapables de résoudre les problèmes dans leur propre pays, veulent donner des leçons de démocratie à des pays qui ne sont pas prêts à l’entendre, faisant de l’ingérence dans leur fonctionnement en soulevant les peuples contre leurs dirigeants……. Au final ce sont les élus de base, les gens de terrain qui doivent se mobiliser pour accueillir les migrants qui cherchent à fuir ces conflits que nous avons-nous même provoqués.

C’est un discours qu’Idéo ne peut que dénoncer.

Tout d’abord, parce que la France n’est pas une île isolée du monde et qu’en France, l’action politique se fait sur différents plans : local, national, international. Ces différents plans sont tous imbriqués, et nous ne gagnerons rien à la politique qui consiste à ne s’occuper que de soi-même et surtout ne pas regarder autour de soi.

Parce qu’on est investi au niveau local, doit-on naviguer à courte vue et  tolérer des régimes dictatoriaux aux portes de l’Europe ? Peut-on laisser des peuples se faire exterminer sans réagir ? Comment  ces peuples pourraient-ils faire évoluer la destinée de leurs pays quand tout opposant au régime est réduit au silence ? Non, bien sûr, nous devons aider dans la limite de nos moyens. Guilers est solidaire et s’est dit prêt à accueillir une famille de réfugiés : c’est une bonne chose, et d’autres villes n’en ont pas fait autant. Mais de là à récupérer la question des migrants pour en faire un poids énorme qui pèserait sur l’action et la gestion locales….. non.

Ensuite parce que cette manière de vilipender les élus nationaux « toutes tendances confondues », en utilisant des mots tels qu’incapables, non-courage, les accuser de tous les maux, pour mieux mettre en avant les élus de terrain, ne rend pas service à l’action publique en général. On déplore déjà une forte abstention dans les scrutins à tous les niveaux, ce ne sont pas ces propos à l’emporte pièce sur le mode du « tous pourris », qui remotiveront les électeurs. A quelques semaines des élections régionales, c’est loin d’être anodin.

En guise de conclusion,  un petit  éclairage : flatter la base et dénigrer les dirigeants, insister sur une fracture entre la base et les tenants du pouvoir, en politique, ça a un nom : ça s’appelle du populisme, et en général, cela ne sert pas beaucoup la démocratie. Au contraire, cela alimente le pessimisme ambiant et favorise les extrêmes. Sans étiquette?

 

 

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